Java, terre de feu

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Arrivée mouvementée à Bali

Cela fait maintenant 6 mois que nous sommes à Perth, et en accord avec notre visa vacances travail, nous devons changer d’employeur. En effet, il nous est interdit de travailler plus de 6 mois pour un même employeur, ou sur un même poste.
Du coup, on s’est prévu 7 semaines de vacances ! 5 en Indonésie, puis 2 en road trip au nord de Perth.

Pour planifier nos congés en Indonésie, on s’appuie sur un blog fait par 2 suisses partis en tour du Monde il y a peu de temps, et qui ont fait de supers articles sur leurs propres voyages : le blog Novo-monde, de Fabienne et Benoit.
On va donc commencer par aller sur l’ile de Java, qui abrite non seulement la capitale du pays, Jakarta, mais surtout les volcans les plus célèbres de l’archipel : le Kawah Ijen et le Mont Bromo.

Les flammes bleues du Kawah Ijen
Les flammes bleues du Kawah Ijen

On commence donc par arriver tard sur l’ile de Bali, à l’aéroport de Kuta. On avait bien prévu un hôtel près de l’aéroport, mais on s’est complètement perdu en sortant de ce dernier ! En fait, on est sorti à l’ouest au lieu de la sortie est, et si j’essayais de me diriger avec ma boussole et des impressions Google Maps, je me suis fait berner par les pancartes de noms de rue.
Chez nous et en Australie, les pancartes indiquent les rues parallèles. Ici, elles indiquent les rues perpendiculaires ! Il me faut plusieurs dizaines de minutes pour le comprendre, et ce ne sont pas les locaux, qui n’ont pour la plupart jamais vu de carte, qui arrivent à m’aider.

Notre premier hôtel indonésien à Kuta
Notre premier hôtel indonésien à Kuta

Départ pour Java

Passés le stress de la recherche et une bonne nuit de sommeil, on file prendre notre premier mini-bus qui doit nous emmener au ferry pour changer d’ile. Pour y arriver, on suit les conseils des voyageurs suisses : prendre un taxi de notre hôtel jusque la station de bus de Ubung.

Si cette première étape est facile, on sait que les choses vont se corser. A peine le taxi arrêté, tout le monde se jette sur nous et nos sacs ! Heureusement, on s’est extirpé du taxi rapidement, et on récupère nos sacs avant qu’on nous les prenne. Pendant que je paie, Morgane empêche les locaux de prendre nos affaires en otage pour nous forcer à aller avec eux. Même s’ils se moquent bien de savoir où nous voulons aller, ils veulent tous nous y emmener !
On avait pas trop cette habitude, il va vite falloir s’y faire.

De la station, nous prenons notre mini-bus vers Gilimanuk, où nous pouvons prendre le ferry pour l’ile de Java. Le trajet se passe bien, mais nos cœurs sont soumis à rude épreuve. Ici, le trafic est dense, le code de la route inexistant, et la vitesse maximale dans ses petits transports. On prend les virages bien trop rapidement à mon goût, mais je me dis que les conducteurs ont de l’expérience…

Le ferry qui nous emmène ensuite à Ketapang, bien qu’en ruine, arrive à bon port sans encombre. Et nous attendons désormais patiemment que nos hôtes des prochains jours viennent nous chercher. On a décidé de faire appel, comme Benoit et Fabienne, à Monsieur Ganda et Chunk. Monsieur Ganda, c’est la personne qui gère la logistique pour les voyageurs, et son cousin chunk, un jeune ex-porteur de souffre, c’est celui qui fait les visites du volcan Kawah Ijen.

Notre première ascension de volcan : le Kawah Ijen

Comme la journée est bien avancée, chunk nous amène rapidement à son village, et nous propose de nous balader à travers les rizières l’entourant. Ici, il n’y a rien, et pourtant, on ne peut s’empêcher d’être parfois envieux. Tout semble paisible et harmonieux. Mais il ne faut pas se leurrer, ils souhaitent améliorer leur condition, et pour eux, les touristes comme nous sont une bénédiction.

Chunk nous laisse prendre quartier à l’étage d’une maison disposant d’un dictionnaire multilingues. Parfait ! Cela va nous servir pour la suite de notre voyage.

  • Chunk et son ami conducteur

Chunk parle quelques mots de français. Cela nous surprend un peu, mais en fait c’est parfaitement logique. Nicolas Hulot est passé par ici il y a plusieurs années, et avait fait un reportage sur les porteurs de souffre et leurs conditions de travail, ou plutôt d’esclavagisme. Alors Chunk nous remercie pour lui, car il a fait connaitre à la France leur sort, et aujourd’hui certains arrivent à vivre du tourisme et certains porteurs ont également accès à des masques à gaz leur permettant de moins souffrir des vapeurs toxiques du volcan.

Par moment, nous ne pouvons nous empêcher d’être honteux de notre présence ici. Si le tourisme leur permet de s’affranchir des dangers du souffre et de faciliter leur quotidien, pour d’autres, nous sommes surtout une gène sur leur chemin. Pour accéder au cœur du volcan et en sortir, il faut escalader un chemin rocheux étroit, qui a vu nombre d’accidents et de décès. Les touristes ayant parfois peu d’intérêt pour les locaux en ne leur cédant pas le passage. De les voir avec de telles charges sur le dos nous remplit d’humilité et de compassion à leur égard.

  • Souffre
    Ici, chaque porteur doit ramener 1 à 2 fois par jour ces chargements de souffre

Les flammes bleues du Kawah Ijen

Après être monté, il faut maintenant descendre au cœur du volcan. On découvre au bout du chemin le camp de travail des porteurs de souffre, où certains restent même parfois plusieurs semaines ! De telles conditions sont insupportables pour nous, les vapeurs nous irritent, et nous sommes bien contents d’avoir nos masques. Le frère de Chunk fait partie de ces gens qui restent vivre dans les modestes cabanes au bord du lac d’acide.

On arrive enfin au clou du spectacle, des flammes bleues visibles seulement de nuit ! Chunk nous demande de garder une certaines distance, et nous prend notre appareil pour aller prendre des clichés au plus près.

Pour finir, nous remontons sur le sommet du volcan, afin d’assister au lever du soleil depuis ce point de vue privilégié. Nous découvrons alors de là-haut le lac d’acide au bord duquel nous étions plus tôt, et la beauté du lieu nous invite à un profond respect.

Au sommet du Kawah Ijen
Au sommet du Kawah Ijen

Le Mont Bromo

Au départ, on voulait prendre notre temps pour rejoindre le deuxième volcan sur notre programme : le Mont Bromo. Mais en discutant avec nos hôtes, ils se proposent de nous aider en trouvant un transport et un logement pour nous.

On prend alors notre taxi en début d’après-midi, pour arriver à la tombée de la nuit au Lava View Lodge. Notre chauffeur, qui nous a assuré pendant plus de 4h qu’il connaissait très bien le village d’arrivée s’est en fait un peu trop enthousiasmé ! Il était presque aussi perdu que nous, et nous disait de prendre n’importe quel hôtel… Pour sa défense, ce village est divisé en plusieurs sections, et il faut prendre la plus haute et aussi la dernière pour arrivée à notre auberge.

D’ici, on passe une courte nuit pour se lever dans le noir, afin d’assister au lever du soleil sur le Mont Bromo.

Alors là, comment vous dire… Les locaux tentent de nous prendre pour des pigeons, mais les bloggeurs suisses nous avaient prévenus sur leur site ! On refuse donc catégoriquement les invitations à monter au point de vue avec un 4×4, car on sait qu’en 30 minutes max, on y sera à pied. Certains nous affirment que c’est impossible à pied, mais nous ne les écoutons pas et traçons notre route dans la brume matinale à l’aide de nos frontales.

On arrive alors rapidement au premier point de vue, mais on décide de monter encore un peu plus haut, là ou la vue est la meilleure selon nous. Et on ne le regrettera pas ! En fait, il n’y a pas que le Mont Bromo à voir, mais 3 volcans en tout ! Le Bromo n’est pas seul sur la carte postale, il est accompagné au premier plan du Batok, et dans l’arrière plan on peut voir le majestueux Semeru, qui crache un nuage de fumée à intervalles réguliers.

Le spectacle est saisissant, nous tombons définitivement amoureux des volcans ! Nous n’en avions jamais vu d’actifs en 30 ans, et en 2 jours nous en avons déjà vu 4 en Indonésie.
Nous profitons de la brume pour immortaliser ce souvenir, et en profiter pour admirer la barrière de la montagne qui semble protéger le village de la brume.

  • Le Batok devançant le Bromo, et au loin, l'imposant Semeru

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