Corse : escapade d’Est en Ouest et budget

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Dernières étapes de nos vacances en Corse, on va remonter le long de la côte Est, faire un saut en Haute Corse à Corte, au milieu des montagnes, et finir par redescendre le long de la côte Ouest.

En une journée, on peut facilement traverser l’île de part en part, et profiter de sa diversité de paysages.

On fera également un point sur le budget de ces vacances, en espérant ne pas l’avoir trop dépassé :-).

Le nid d'aigle de Corte

La Costa Serena, une longue plage de sable

Lors de notre journée plages entre Bonifacio et Porto-Vecchio, nous avions été assez dépités par le monde sur les plages du coin. Certes très belles, cela enlève quand même un peu de leur charme.

Du coup, lorsque nous avons quitté Chera pour retourner sur la route après une semaine posés dans la maison, nous avons été très agréablement surpris par la côte Est. Entre Porto-Vecchio et Cateraggio, il y a plusieurs spots tranquilles, avec des places pour se stationner facilement !
Alors oui, on est au bord de la route principale, mais cela n’a pas franchement l’air d’être une gène.

En plus, il suffit de se retourner pour admirer les montagnes depuis le bord de la mer… Franchement, quoi de mieux au monde que d’être ainsi coincé entre les deux ?

Halte au cœur des montagnes à Corte

Ce road trip, on l’a voulu exclusivement en Corse du Sud. On voudrait revenir passer du temps pour découvrir la Haute Corse plus tard. Mais on ne pouvait pas passer outre la traversée de l’île, et c’est par Corte qu’on la fait.

La route qui y mène depuis la Costa Serena est incroyable, on remonte le long d’une rivière, avec la vue sur les sommets encore enneigés de Corse. J’imagine tous les trekkers sur le GR20, et je ne peux m’empêcher de les jalouser un peu ! Mais bon, on prend notre mal en patience.

Notre logement, trouvé encore une fois sur AirBnB, nous offre une vue géniale sur les montagnes entourant Corte, et on peut voir certains milans royaux, des rapaces, tournoyer dans les airs.

Histoire de finir en beauté cette journée, on se fait une balade dans la vieille ville de Corte, en suivant (à peu près…) le chemin touristique balisé dans la ville. On arrive ainsi jusqu’au belvédère, qui est au pied de la vieille citadelle. On profite d’une vue à 360° sur la ville entière et les montagnes, avant de redescendre vers d’anciens quartiers comme celui de Chiostra. Il y a des petits restos au pied du belvédère que l’on aurait aimé tester, car les prix sont normaux et le cadre excellent, mais cela devenait long comme journée pour Ian, alors on s’est décidé à rentrer. On préfère toujours s’adapter à lui, surtout en fin de journée.
C’est sur que cela nous prive de soirées sympas à une bonne table, mais on ne peut pas tout faire avec un petit de 4 mois.

  • Corte depuis le belvédère
    Corte depuis le belvédère

En se promenant sans but dans les vieux quartiers, on tombe par hasard devant des potiers et la maison du Sauveur Casanova. Rien à voir avec le célèbre coureur de jupons, lui est un évêque du 20e siècle. Il fut célèbre pour un texte publié en 1992 sur la situation politico-sociale de la Corse, et sur le nécessité de ne pas recourir à la violence.

Le lendemain, on prend un peu de temps pour visiter le musée de Corte, qui est assez sympa, mais pas franchement fou non plus. Il retrace les différentes époques des civilisations Corses. Le parking coûte 50cts, et l’entrée est à 3€ par personne, donc c’est pas un mauvais rapport qualité/prix en soi.

Des pins et des cochons

Après cette visite éclair du musée de Corte, il est temps de retourner en Corse du Sud !

On prend donc la D18 puis la D84, à travers le Niolo, et direction Porto. Cette région est magnifique, et la route nous emmène à travers différents villages. On nous avait dit que les cochons étaient surtout visibles dans les montagnes, et on finit enfin par les trouver !
C’est dans la forêt d’Aïtone, avec ses immenses pins, qu’on les aperçoit enfin au bord de la route. Ces cochons, si typiques de la Corse, ne sont pas sauvages. Ils paissent librement dans les bois, comme les troupeaux de vaches et de chèvres. Ils sont vraiment beaux, avec leur couleur noire, marron, leurs tâches et leurs poils.

Cochon corse
Cochon corse

En se rapprochant de la côte, le décor commence à changer encore, et ce sont maintenant de hautes montagnes rouges qui se dressent devant nous.

Ce soir, nous logeons à la Casa del Torrente, non loin de Porto. On loue un chalet pour deux jours, avec cuisine sur la terrasse, le pied ! Ça nous coute un peu cher (77€ par personne la nuit), mais franchement le coin est top. On a accès à la rivière en-bas, avec ses piscines naturelles pour se baigner, et on est à deux minutes en voiture de Porto.
Pour faire Corte-Porto, il faut normalement 2h… Nous il nous en aura fallu presque le double !
Voyager avec un bébé, c’est aussi prendre son temps, et se dire que tout ce qui doit être fait risque de prendre bien plus de temps que prévu. On aime bien planifier ce que l’on fait d’habitude, mais là on s’adapte vraiment à l’instant. Entre les pauses repas et les changements de couche, il vaut mieux ne pas se fixer un planning trop serré.

Montagnes de Porto
Montagnes de Porto

Porto et les calanches de Piana

L’une des principales raisons pour lesquelles les touristes viennent ici, c’est pour partir randonner dans les montagnes. On se le note pour une prochaine fois, car je pense qu’il y a vraiment de très beaux spots à découvrir.

Pour l’heure, on se contentera de faire le tour de Porto, et d’aller dans la tour Génoise devant le front de mer. A force de voir ces tours partout sur notre chemin, il était temps de pouvoir s’introduire dans l’une d’elles. Pour 2,50€ par personne, vous avez votre accès puis également votre ticket d’entrée pour le minuscule musée à côté. Bon on ne vous le cache pas, le musée n’a pas franchement d’intérêt. Il évoque des histoires et légendes d’arbustes liés à Jésus… Pas franchement passionnant ! Même si on finit par apprendre 2/3 trucs au passage.

En revanche la vue depuis le sommet de la tour est très belle, et on embrasse tout ce qui nous entoure. La plage, le port, les montagnes, la mer. On se croirait dans un fjord presque.

  • Piscines naturelles à Casa del Torrente
    Piscines naturelles à Casa del Torrente

En fin de journée, nous partons à la découverte des très célèbres Calanches de Piana. Les Calanches, ce sont ces roches rouges, comme découpées aux ciseaux, qui bordent la route et la mer. Leur couleur rouge et les formes que l’on peut deviner ici ou là invitent au voyage ! Pensez à prendre la brochure à l’office du tourisme si besoin, afin d’avoir l’emplacement des figures reconnaissables dans la roche (le chien, le dromadaire, le prêtre, etc…). Cela vous permettra de jouer à toutes les trouver. Pour ce faire, il est d’ailleurs conseillé de faire l’aller-retour, car on les voit mieux en venant du sud plutôt que de Porto. En plus, c’est totalement gratuit, mais attention, la route est très étroite et sinueuse, et il peut y avoir pas mal de piétons ayant garés leurs véhicules sur le bas-côté. Prudence donc !
Notre conseil, c’est de venir au coucher du soleil, pour avoir les plus belles couleurs possibles.

  • Le chien de Piana

Mon coeur à Piana

Cargèse, et road-trip dans l’arrière pays

Le temps des vacances touche à sa fin, et il nous faut maintenant retourner sur Ajaccio. On aurait préféré éviter, mais notre avion de retour étant à Figari, il faut en passer par là.
Alors avant d’affronter l’enfer de la ville, on prend bien le temps de s’isoler par un road-trip dans des endroits moins fréquentés.

On fait un premier stop à Cargèse, afin de profiter de la vue sur la Méditerranée et des deux églises qui s’y font face. Elles datent toutes deux de la même époque (19e siècle), mais l’une est latine alors que l’autre est grecque. En fait Cargèse fut une ville d’installation d’immigrés grecs remontant au 17e siècle, qui fuyaient l’Empire Ottoman.
Aujourd’hui, leurs descendants portent encore les traces de cette histoire dans leurs noms de famille en -acci, dérivé de -akis.

  • Vue panoramique de Cargèse

On longe ensuite le Golfe de Sagone pour atteindre la ville du même nom. De là, on fait une grande boucle qui nous ramène dans les terres, à travers plein de petits villages :
– Vico
– Murzo
– Muna
– Rosazia
– Salice
– Azzana
– Lopigna

La route est encore une fois très belle, même si très étroite entre Murzo et Rosazia. Les points de vue ne sont pas légions, mais le peu de monde sur cette route vous permet de vous arrêter facilement pour profiter des panoramas.

Lieu de culte
Lieu de culte au bord de la route

On ne grimpe pas plus haut que 600m, même si on a parfois l’impression que l’on ne cesse de grimper encore et toujours. Je pense que le hameau de Muna est celui qui nous a le plus marqué, perché dans la montagne et très discret. On se demande s’ils ont l’eau courante et l’électricité (on a pas osé les déranger honnêtement !). Ils sont super bien préservés du tourisme de masse en tout cas.

Sur la route, vous trouverez beaucoup d’artisans également, à privilégier plutôt que d’aller systématiquement dans les boutiques à touristes. Au moins, la traçabilité et l’authenticité des produits semblent meilleures.

On a mis un peu plus de 2h, donc ça peut se faire facilement. Mais si vous vous arrêtez souvent, cela peut prendre toute la demi-journée.

Muna, perdu dans la montagne
Muna, perdu dans la montagne

Le soir, on arrive à Ajaccio, et on prendra ensuite notre temps pour rejoindre Figari le lendemain, d’où nous prendrons l’avion. Notre séjour en Corse touche à sa fin, et franchement on n’est pas déçus d’avoir choisi cette destination ! Morgane connaissait bien, et moi j’ai eu un énorme coup de cœur. Avoir la mer et la montagne à proximité tous les jours, c’est une chance incroyable.
Je me vois déjà finir mes jours dans un contexte similaire, à passer mes derniers instants à contempler les hauts sommets les pieds dans l’eau.
Peut-être qu’on partira vivre près d’un lac de montagne un jour, qui sait ?

En tout cas, on sait que l’on reviendra un jour en Corse, car la Haute Corse et le GR20 ne nous ont pas livrés leurs secrets. Mais en attendant, il y a d’autres destinations à visiter, et on espère pouvoir faire de plus en plus de choses avec Ian à mesure qu’il grandit, pour lui donner notre passion des voyages 🙂

Le budget, ça passe ou ça casse ?

Car les vacances, c’est aussi l’occasion de vider son petit cochon de tirelire, on partage avec vous les différents frais que l’on a eu tout au long de ces vacances, et on vous donne notre budget quotidien. On visait dans les 50€/jour/personne, voyons voir ce qu’il en est :

Transports : 805€
Logements : 1157€
Activités : 145€
Nourriture : 819€
Autres : 105€
Budget total : 3031€

Budget par personne et par jour : 80€… On est très, très loin du compte !

Budget Corse 2018

Comme nous n’avons pas fait d’activités chères, type saut en parachute, rafting, ou autre, je pense que c’est surtout le logement et la nourriture qui nous a couté cher.
Par le passé, nous voyagions un peu plus sommairement, lors de treks par exemple en tente, ou lorsque nous allions en auberge de jeunesse.

Aujourd’hui avec notre bébé, difficile de faire l’un ou l’autre, donc cela s’en ressent forcément. Après, on aurait surement pu grappiller un peu sur la nourriture et sur certains frais, mais nous consommons différemment par rapport à avant, et il ne faut pas se leurrer, le niveau de vie en Corse est assez élevé. Mais c’est vrai que nous consommons le plus possible bio et local, et que l’on a du aussi acheter de l’équipement sur place pour minimiser nos déchets. Tout cela se reflète dans le budget de nos vacances.

Je pourrais compter Ian, et dire que finalement on arrive à 53€ de budget journalier par personne, mais ça serait un peu tricher non ? Comme il est allaité, il ne nous coute pas très cher (un peu d’équipement et des couches) :-).

En tout cas, on aura beaucoup appris lors de ces vacances, sur le fait d’être parents d’un bébé en voyage. C’est beaucoup de patience et d’adaptation, un peu de regrets parfois sur tout ce que l’on ne peut pas faire, mais tellement de supers moments passés avec notre petit bout à lui faire découvrir nos passions et le monde qui l’entoure au sens le plus large.
On a vraiment hâte de vivre ces moments où on le voit faire de plus en plus de choses avec nous. Il faudrait juste pouvoir être plus souvent en voyage en fait !

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